Avec l’hiver, avoir envie de se blottir contre son partenaire ne signifie pas forcément vouloir faire l’amour. La tendresse mérite sa place, sans attente ni pression sexuelle.
[Contenu de l’article, à republier par Pierre depuis l’administration.]Les soirées deviennent plus fraîches. Vous imaginez un plaid sur le canapé, un film, sa présence tout près de vous. Vous avez envie de poser votre tête sur son épaule, de sentir ses bras autour de vous, de rester là un moment.
Vous recherchez sa chaleur, sa douceur, cette sensation d’être bien ensemble. Mais vous n’avez pas forcément envie de faire l’amour.
Alors, parfois, vous hésitez à vous rapprocher. Va-t-il comprendre votre geste comme une invitation sexuelle ? Sera-t-il déçu si vous souhaitez en rester là ? Faudra-t-il encore vous justifier ?
Vous pouvez avoir envie de ses bras sans avoir envie d’un rapport sexuel. Ce besoin de tendresse a toute sa place dans votre relation.
« J’ai envie d’être contre lui, mais je n’ai pas envie de lui. » Cette phrase peut sembler contradictoire. Pourtant, elle décrit deux envies différentes : celle d’un contact affectueux et celle d’une rencontre sexuelle.
À cet instant, vous souhaitez peut-être vous sentir aimée, accueillie ou simplement accompagnée après une journée chargée. Vous recherchez un moment où vous pouvez vous détendre sans devoir répondre à une attente.
Cela ne suffit pas à conclure que vous n’aimez plus votre partenaire ou que votre couple va mal. Un moment sans désir ne résume pas votre relation.
Ce vécu n’est d’ailleurs pas exclusivement féminin : chacun peut avoir besoin de tendresse sans souhaiter de sexualité. L’essentiel est de pouvoir en parler sans honte.
À l’approche de l’hiver, vous avez peut-être davantage envie de soirées tranquilles, de chaleur et de moments partagés à la maison. Pour vous, vous blottir contre lui fait partie de ces plaisirs simples.
Il n’est pas nécessaire d’attribuer ce besoin à un mécanisme hormonal ou de considérer que l’hiver fait forcément baisser le désir. La saison peut simplement constituer le décor de votre envie de douceur.
Une soirée à deux peut être satisfaisante parce que vous avez ri, discuté ou somnolé dans les bras l’un de l’autre. Elle n’a pas besoin de se terminer par un rapport pour avoir de la valeur.
Une difficulté peut apparaître lorsque vous n’accordez pas le même sens au rapprochement.
Vous vous installez contre lui pour recevoir de la tendresse. Il y voit une invitation à poursuivre vers la sexualité. Lorsqu’il tente d’aller plus loin, vous vous écartez. Il se sent rejeté, tandis que vous avez le sentiment que votre besoin initial n’a pas été compris.
Si cette situation se répète, vous pouvez finir par éviter les câlins eux-mêmes, de peur de susciter une attente. Vous vous privez alors d’une proximité que vous souhaitiez pourtant.
Pouvoir dire « j’ai envie de tendresse, mais pas de sexe ce soir » aide à rendre votre intention plus claire. Votre partenaire ne peut pas toujours deviner ce que vous ressentez, mais votre limite doit être respectée une fois exprimée.
Vous n’avez pas à vous excuser de ne pas vouloir faire l’amour. Vous pouvez néanmoins choisir des mots qui expriment aussi votre envie de proximité.
Par exemple :
« Avec le froid qui arrive, j’ai très envie de me blottir contre toi. J’aime ta chaleur et tes bras autour de moi. Ce soir, je n’ai pas envie de faire l’amour, mais j’aimerais partager ce moment de tendresse avec toi. Est-ce que tu en as envie aussi ? »
Vous pouvez également préciser ce qui vous met à l’aise : rester enlacés, vous tenir la main ou échanger quelques baisers.
Cette demande laisse une place à chacun. Votre partenaire peut avoir ses propres émotions ou ne pas souhaiter un câlin à ce moment-là. Vous pouvez chercher ensemble une autre manière de passer du temps à deux, sans négocier votre consentement sexuel.
Un décalage d’envies peut être frustrant. Votre partenaire peut se demander s’il vous plaît encore ou ressentir le besoin de parler de votre vie sexuelle.
Ces préoccupations méritent une conversation, à un moment où vous êtes tous les deux disponibles. Mais elles ne vous obligent pas à accepter un rapport.
Vous pouvez écouter ce qu’il vit tout en restant fidèle à ce que vous souhaitez. De son côté, il peut exprimer une déception sans insister, vous culpabiliser ou vous faire payer votre refus.
La tendresse n’est pas une promesse de sexe, et le sexe n’est pas une dette affective.
Pour retrouver une proximité confortable, vous pouvez convenir de moments affectueux sans objectif sexuel : vous enlacer en rentrant, vous asseoir l’un contre l’autre ou vous embrasser avant de partir travailler.
Choisissez des gestes agréables pour vous deux. Il ne s’agit pas d’appliquer un programme, mais de pouvoir partager un contact sans vous demander immédiatement ce qu’il implique.
Vous pouvez aussi vous dire simplement : « Là, j’aime bien », « Je préfère qu’on reste comme ça » ou « J’ai besoin d’un peu d’espace ».
Le désir apparaîtra peut-être à un autre moment. Peut-être pas. Ces gestes n’ont pas à être évalués en fonction de leur capacité à vous conduire vers un rapport. Ils peuvent compter pour eux-mêmes.
Vous n’avez pas besoin de consulter parce que vous souhaitez parfois un câlin sans sexualité. En revanche, un soutien peut être utile si cette différence de besoins devient une source régulière de souffrance.
Peut-être avez-vous peur de vous rapprocher. Peut-être ne parvenez-vous plus à parler de vos envies sans dispute. Ou vous sentez-vous coupable dès que votre désir ne correspond pas à celui de votre partenaire.
En tant que sexothérapeute, je vous accompagne pour mettre des mots sur ces difficultés, clarifier vos besoins et explorer la place de la tendresse et de la sexualité dans votre relation.
Vous pouvez venir seule ou en couple. L’objectif est de chercher ce qui vous convient, dans le respect du rythme et des limites de chacun.
Vous aimeriez pouvoir vous blottir contre lui sans avoir à vous justifier ? Prenez contact pour un premier rendez-vous. Nous pourrons parler de ce qui vous manque et de la proximité que vous souhaitez retrouver.